• "Les œuvres de vie selon Maître Eckhart et Abhinavagupta" Colette Poggi Edition Les Deux Océans - 2000. ------------------------------------------ "Du spirituel dans l'art, et dans la peinture en particulier" Kandinsky Edition Denoël - 1989. ------------------------------------------ "L'art de la concentration" Pierre Feuga Edition Albin Michel - 1992. ------------------------------------------ "Yoga-Sutras" Patanjali Edition Albin Michel - 1991. ------------------------------------------ "Hatha-Yoga-Pradipika" Traduction de Tara Michaêl Edition Fayard - 1974. ------------------------------------------ "Yoga et Symbolisme" Shri Mahesh Edition du Rocher - 1996. ------------------------------------------ "Le souffle, parole de vie" Shri Mahesh Edition du Rocher - 1998. ------------------------------------------ ________________________________________________________________________ Tous mes remerciements aux professeurs de l'Ecole Internationale de Yoga Traditionnel (T. Dabau, J.Cochard, G.E. Leininger, G.Messeguer ) pour leur grande compétence et le plaisir d'enseigner qu'ils ont su transmettre . Un grand merci à tous ceux qui m'ont accompagné de 1998 à 2003 dans cette formation, pour leur chaleur et la richesse des échanges. A Tony Dabau, toute ma gratitude pour la qualité de son enseignement, sa sincérité inébranlable, sa manière d'encourager les pratiquants de yoga à aller toujours plus loin … Merci, enfin, à Shri Mahesh pour l'énergie, l"élan", qu'il sait transmettre à travers les enseignements de ses différents stages.

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  • A partir de la pratique du yoga, comme de l'expérience de l'art, il est primordial d'élargir la capacité de plénitude dans toutes les actions; retrouver le même recueillement dans l'instant, la même poésie, le même élan et émerveillement dans la vie courante. Selon Krishnamurti, "l'artiste est celui qui agit avec talent. Cette action est dans la vie et non en dehors de la vie. C'est donc vivre avec talent qui fait vraiment l'artiste…Nous devons chercher le talent, non seulement dans la peinture, (…) mais dans l'action, dans la manière de vivre, dans la totalité de la vie (…), mais l'art, qui est harmonie dans l'action, doit opérer tout au long de la journée…Quand l'artiste joue merveilleusement, il n'y a pas de "moi", il y a l'amour et la beauté, et c'est l'art."( extrait de "l'urgence du changement" : yoga et vie - juin 2001) §§§

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  • 1 - Extériorité et intériorité ------------------------------------- Mon goût pour le plus infime détail, la pureté esthétique et les formes parfaites, dans la peinture figurative comme dans la mosaïque, est hors des courants artistiques contemporains. C'est un travail de "chercheur de l'intérieur, dans l'extérieur". Dans la création, différentes nécessités se font ressentir, notamment celle d'exprimer "ce que nous sommes" (ego, personnalité), ce qui nous lie à nos contemporains (langage de l'époque, tendance) ou encore révéler ce qui est propre à l'art "pur et éternel" (que l'on retrouve à travers époques et nations). Seul ce troisième élément me semble posséder une "force d'éveil". Ma peinture n'a pris ce sens qu'après quelque années de pratique de yoga. Auparavant, elle était parfois un exutoire, parfois une manière de me valoriser aux yeux des autres, ou le plus souvent un acte "léger et plaisant", un passe temps où la recherche intérieure et la symbolique étaient absentes. En intensifiant la perception de ce qui nous entoure, en aiguisant nos sens, en éveillant nos potentialités latentes, en entrouvrant une porte sur un "autre monde", le yoga est une base parfaite pour la "création artistique" . ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 2 - L'art et son but ------------------------------------ Le mot "art" vient du sanskrit "rta" qui suggère l'idée d'ordre et d'harmonie. Dès les Véda, il acquiert une force essentielle en désignant "l'ordre cosmique". Comme adjectif il signifie aussi "vrai", "juste". On peut citer Platon pour qui " le beau, le bon, le vrai sont convertible l'un l'autre". Vassily Kandinsky, grand peintre du 20eme siècle, à la recherche de la rencontre entre l'individu et l'universel, écrivit un important ouvrage intitulé : "Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier". Il reconnaît l'art comme moyen, voie de la "connaissance". Selon lui, toute création artistique doit être basée sur le principe de la nécessité intérieure ou encore de l'entrée en contact avec l'âme humaine. De plus, sa mission fondamentale lui semble être de dévoiler "l'ordre du monde", de constituer un langage qui se substitue aux mots souvent impuissants et apte à provoquer les "vibrations de l'âme". L'œuvre d'art est alors à la fois le support de la méditation pour le peintre et l'image de l'itinéraire spirituel pour celui à qui s'adresse la peinture. Kandinsky nous donne une très belle définition de l'art : "l'art, dans son ensemble, n'est pas une création sans but de choses qui se dissolvent dans le vide, mais une force qui tend vers un but et doit servir à développer et affiner l'âme humaine…" Pour reprendre une nouvelle fois swami Veditatmananda," la réalité est à construire", et la recherche du Beau dans l'art pourrait participer de ce constat. Maeterlinck, un des pionniers de la composition spirituelle dans l'art (fin du 19eme, début du 20eme siècle) disait : "Il n'est rien sur terre qui soit plus avide de beauté et qui ne s'embellisse plus facilement qu'une âme". Ainsi, l'artiste est doublement responsable par ces actes, pensées, sensations qui sont le matériau de ces œuvres et qui agissent à leur tour sur "l'atmosphère spirituelle". Bien avant eux, on retrouve Abhinavagupta (cachemirie shivaïte du 10eme, 11eme siècle) ou encore maître Eckhart (occidental chrétien du 13eme, 14eme siècle) qui traitent le thème de l'art en tant que voie spirituelle. Ils pensaient que tout acte de création pouvait, être en quelque sorte une réitération de "l'acte divin de la création", et avoir un lien avec "le principe universel". Ils évoquent des formes d'art, notamment la peinture grâce auquel l'homme depuis toujours a cherché à s'unir au tout. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 3 - L'émerveillement dans l'œuvre ------------------------------------ A travers la couleur et la forme, la symbolique et l'esthétique, l'œuvre peut permettre d'exprimer l'intériorité, et de susciter la capacité d'émerveillement de ceux qui regardent celle ci. On sait que chaque couleur a un impact sur l'homme; on les utilise d'ailleurs à des fins thérapeutiques comme avec la chromo thérapie (action de la lumière colorée sur le corps). Les couleurs ont des qualités intrinsèques telles que chaleur, froideur, clarté, obscurité; ces éléments étant eux mêmes dynamiques : sensation concentrique (dans le sens de faire converger en un point unique), excentrique (dans le sens de la dispersion, de la multiplicité), de rapprochement ou d'éloignement. Chaque couleur, en plus de ces qualités, est identifiée par sa résonance intérieure (fonction psychique), sa valeur symbolique et des possibilités d'assonances entre elles. Le jaune, par exemple, irradie, prend un mouvement excentrique et se rapproche presque visiblement de l'observateur; cette couleur, plutôt terrestre, dégage cependant une chaleur toute spirituelle et, comparée aux états d'âme pourrait servir à la représentation de la folie mais aussi donne une impression d'énergie et d'intensité. Le bleu, en revanche, développe un mouvement concentrique; typiquement céleste, cette couleur éveille la nostalgie de la pureté et développe le recueillement. Le jaune et le bleu constituent le premier contraste et leur mélange, le vert, annule leurs mouvements et produit un sentiment de calme. "L'artiste est la main qui, par l'usage convenable de telle ou telle touche (de couleur), met l'âme humaine en vibration" (Kandinsky). Chaque objet ressemble toujours à une forme géométrique qui a (comme les couleurs) sa propre résonance intérieure. Il est possible de souligner une couleur par une forme (le jaune "couleur aigu", par exemple, par la forme triangulaire). Dans ma peinture, le fait d'utiliser la symbolique qui est l'expression d'idées par des "signes" permet de transposer la réalité pour qu'elle exprime sa vrai nature. Le symbole est comme le reflet d'un ordre supérieur à l'ordre physique, une correspondance un lien avec l'"harmonie universelle". En outre , il apparaît comme un support à la méditation car il donne la possibilité d'approfondir ce qui s'offre à la conscience. Pour Jean Scot, la nature et l'art sont des mondes créés à des niveaux différents pour réveiller dans la conscience "la nostalgie de la beauté parfaite" ( l'unité dans la diversité). Saint Thomas fait le lien entre l'âme consciente et la beauté; l'âme consciente reconnaissant sa propre beauté dans la beauté des formes sensibles. Ainsi, la beauté n'est plus une convention ou une apparence; elle provoque les "sentiments", transmet l'intuition de la "transcendance". Essayer de faire éclore le sentiment d'émerveillement dans la contemplation, comme l'expérimenter sur soi même dans la conception, c'est chercher à retrouver à la fois l'œil neuf, celui de l'enfant qui voit quelque chose pour la première fois, celui de la spontanéité, et la jubilation qui peut l'accompagner. C'est à travers cet élan "originel" et "joyeux" que l'on peut atteindre "l'unité" et l'apaisement De même, l'inspiration et l'imagination doivent laisser percer "la vision intérieure", l'intuition de l'essence des choses. §§§

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  • Concentration et création --------------------------------------- Peindre est une pratique qui s'inscrit dans ma pratique du yoga . Cela me permet de concentrer mon esprit sur l'instant présent, sur la précision du geste, sur ma vision intérieure. Le corps se positionne correctement, la respiration est calme et naturelle. L'attention que requiert la peinture figurative m'aide à trouver cette concentration. Cette création est l'occasion, sans cesse renouvelée, d'aller vers ce qu'il y a d'essentiel pour moi et de l'exprimer. Dans cette voie, la recherche du vrai, du beau et de l'émerveillement est toujours présente. "La stabilité du mental peut aussi venir de son activité en relation avec le monde sensible"; ainsi, selon Patanjali si nous sommes en relation par les sens avec des objets générateurs de calme , de paix (par leur beauté par exemple), rien ne viendra altérer la paix de la conscience profonde. Par la création (la peinture en ce qui me concerne), on peut baigner dans une "atmosphère esthétique" favorable à cet apaisement mental. Pour moi, la difficulté d'exécution de la peinture figurative, au delà du besoin de patience et de persévérance qu'elle nécessite, rejoint l'extrême attention ou concentration. Dans la tradition chinoise, l'art achevé où la plus grande application aboutit mystérieusement à la plus totale spontanéité, est exalté : on peut atteindre une grande habileté parce que le mental concentré est libre d'entrave; ainsi, la vraie concentration n'enferme pas, n'appauvrit pas l'esprit, elle permet l'épanouissement de l'être et ouvre à la "suprême liberté". ***

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  • Le travail du yoga est un apprentissage de l'attention, de la concentration, et ainsi de la quiétude mentale. Chaque geste devant être conscient, l'esprit tourné vers le corps, la sensation, le geste et la respiration, le mental est poussé à se taire. Chaque seconde, il faut rester présent et l'enchaînement des mouvements évite de laisser s'échapper l'esprit . En emmenant la conscience dans le mouvement et la respiration le hatha yoga réunifie l'être, parvient à une sorte d'intégration des différents aspects de la personnalité. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 1 - Les asanas --------------------------------- La pratique du Hatha yoga est une expérience de la non dualité . L'équilibre, maître mot du yoga peut être illustré par cette phrase de la Bhaghavad Gita : "Celui qui mange trop et celui qui ne mange pas assez, celui qui dort trop et celui qui ne dort pas assez, celui qui travaille trop et celui qui ne travaille pas assez, celui là n'atteindra pas l'équilibre ou l'union avec la réalité". Selon la traduction de Gérard Blitz d'un aphorisme de Patanjali asana c'est "être fermement établi dans un espace heureux". L'état d'asana ne peut s'établir que grâce à des points de fermeté mais aussi dans le relâchement des tensions inutiles (musculaires, respiratoires, mentales) . C'est un équilibre qui se situe entre l'effort et la détente, le faire et le lâcher prise, l'intention ferme, la vigilance et la disponibilité, le détachement. L'asana ne s'obtient réellement que quand le corps absolument tranquille, tout effort de volonté aboli, la sensation, la respiration sont suspendues, le mental est apaisé. Les postures d'équilibre (les bien nommées) en sont un exemple parfait : "crispé dans la volonté de tenir, on trébuche; trop détendu, peu vigilant, on ne tient pas non plus" (commentaire de Françoise Mazet des Yogas-Sutras). "Le yoga est l'arrêt de l'activité automatique du mental", selon la définition de Patanjali. Voilà le chemin du yoga, le silence intérieur. En nous libérant des automatismes, le yoga nous révèle notre capacité d"être". Dans la non dualité, quand corps et esprit sont en équilibre alors nous disposons d'un outil formidable pour nous confondre avec la nature; nous faisons partie de ce monde, nous sommes ce monde. L'expérience qu'apporte le yoga (que l'on traduit principalement par le mot "union") ne s'épanouit que quand elle entre dans tous les "actes" de notre vie y compris artistique, pour ce qui me concerne. Le yoga n'est pas une technique d'évasion, il exige au contraire que l'on soit présent ici et maintenant, ancré dans le réel, ancré dans le geste. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 2 - Pranayama --------------------------- Le souffle est la charnière visible entre les plans physiques, psychiques, émotionnels, spirituels : "L'air tisse l'univers, le souffle tisse l'homme" (Atharva Veda). Pranayama signifie contrôler ( plus littéralement allonger, arrêter, retenir) la force de vie, l'énergie vitale. L'homme absorbant principalement le prana par le souffle, il est important de maîtriser la respiration afin de la transformer en une respiration subtile et profonde. Ce qui est essentiel ce n'est pas de respirer plus mais mieux . Communément, nous respirons très peu d'air par rapport à nos capacités, nous le faisons de manière inconsciente, et souvent de manière incorrecte . La respiration yoguique ou complète, base du pranayama, permet d'utiliser les trois niveaux respiratoires: la respiration basse ou abdominale, la respiration moyenne ou diaphragmatique et la respiration haute ou claviculaire. Le pranayama, par des exercices simples, réapprend à respirer (par exemple, par les pauses respiratoires, le retour au rythme du corps) et par là même, améliore le fonctionnement des organes (massage des organes internes, stimulation des capacités respiratoires, meilleure oxygénation, détoxication, rééquilibrage du système nerveux ), et développe l'énergie. Par le pranayama, la maîtrise du souffle se transmet au mental : le calme du souffle comme une vague se transmet à l'esprit, de même l'énergie du souffle transmet sa force à l'esprit. Dans ces divers aspects, le Hatha yoga est par nature psychosomatique, c'est une pratique qui agit de manière interactive entre physique et mental. Plus pragmatiquement, on peut dire que les rythmes respiratoires et cardiaques se suivent (quand le rythme cardiaque s'accélère le rythme respiratoire s'accélère également) et évidemment sont directement liés à l'activité physique, mais aussi à l'état mental. On a remarqué que pendant des troubles émotifs comme une crise de dépression ou de mélancolie, la respiration devient lente et irrégulière, dans des passages de grande nervosité, de colère, la respiration devient superficielle, rapide, désordonnée. Ces troubles respiratoires et donc cardiaques s'accompagnent d'autres perturbations physiologiques à plus ou moins long terme (hormonales, digestives, nerveuses…). A contre sens, la maîtrise de la respiration peut aider à contrôler nos émotions et par là même à éviter ces états. La respiration est la porte de communication entre le corps et l'esprit. "Lorsque le souffle est agité, l'esprit est agité . Lorsque le souffle est immobile, l'esprit est immobile, le yogin atteint la fixité ."(Hatha Yoga-Pradipika). Les techniques de pranayama, qui relèvent d'un processus de purification, développent la capacité de concentration et de canalisation de l'énergie mentale. Selon Patanjali, la pratique du pranayama conduit à la faculté de concentration. On peut considérer que le but du pranayama est bien la maîtrise de l'activité mentale. Au centre du travail de pranayama, la suspension du souffle ou rétention, cet espace à la fin de l'inspiration comme de l'expiration, permet de retrouver le vrai rythme du corps,"de l'univers" auquel nous sommes accordé quand le mental ne le modifie plus. Cette "immobilité respiratoire" vient se lier et aider l'immobilité du corps dans la pratique ("posture stable et confortable": Patanjali) et c'est ainsi que l'on peut s'intérioriser et laisser se manifester "le silence", l'union avec le subtil. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 3 - Dharana ------------------------------------ La concentration comme les exercices de pranayama permettent de réguler les émotions, de prendre du recul par rapport aux conflits qui nous agitent . La concentration est source d'équilibre et d'ouverture : "Ces pouvoirs de l'esprit sont comme des rayons de lumière dispersés, une fois concentrés, ils illuminent" (Vivekananda). Le plus souvent nous ne pensons pas, nous sommes pensées. C'est à peine si nous nous rendons compte de ce qui nous occupe, tant les projets, souvenirs, mots, images se succèdent, se chevauchent dans notre esprit, comme s'il s'agissait d'une vie autonome et incohérente. La concentration peut aider à trouver "le silence mental", ou tout au moins un calme mental, car se parler à soi même est presque aussi fatiguant du point de vue nerveux que de parler tout court. Patanjali dans les Yogas-Sutras insiste sur les nombreux obstacles à la concentration comme l'inconstance, le doute, l'anxiété, la dispersion… Son remède est celui là : "centrer sa pratique sur un objet unique" . La concentration implique un support. Elle est souvent comparée au tir à l'arc comme dans le Mahâbhârata où Arjuna est mis en compétition avec d'autres Princes par Droma. Chacun donne une description de la cible présentée; certains décrivent un bouquet d'arbres, d'autres une branche, un nid, Arjuna décrit l'oiseau puis sa tête, enfin l'œil de l'oiseau, cible choisie par Droma. Vouloir tout de suite ne penser à rien (silence intérieur) crée un vide où tout s'engouffre (souvenirs, projets…), on obtiendra souvent un meilleur résultat en donnant un aliment et un seul au mental. L'apprentissage de la non dispersion se fait dans la pratique des asanas où l'on suit un fil conducteur. Elle peut s'exercer, en fait, de très nombreuses manières : par exemple, par la répétition du mantra "OM" (syllabe fondamentale, unité primordiale) de manière audible, puis intériorisée en la synchronisant avec le souffle, ou encore en prononçant mentalement à l'inspiration "SO", à l'expiration "HAM" (so'ham signifiant "je suis lui"). Les techniques de pranayama (Nadhi sodhana,Ujjayi…), comme les mantras que je viens de citer, sont pour moi souveraines pour obtenir le calme mental, notamment avant d'entamer ou de reprendre la création d'un tableau. La concentration, dharana, est une pratique, un outil qui fait partie des "étapes" du yoga (dans l'Ashtanga yoga , elle est le sixième membre). Il n'existe pas de solution de continuité entre une concentration menée à son terme, sorte "d' incandescence" et la méditation elle même (dhyana est la septième étape). Celle ci prolonge naturellement celle là; ce n'est q'une question de degré. "Se concentrer sur un objet ( intérieur ou extérieur ), c'est chercher à le connaître; mais c'est surtout apprendre à se connaître soi-même; c'est partir de deux pour arriver à un". (Pierre Feuga : "l'art de la concentration"). Certains opposent méthode et spontanéité, effort et lâcher prise, en fait deux moments d'une même voie . La non intention, la liberté commencent par une intention résolue : "intentionnellement, atteindre l'absence d'intention : alors on a tout compris". ( "traité de la fleur d'or"). La concentration nous donne l'occasion d'acquérir une finesse d'attention, une présence intérieure que l'on doit essayer d'étendre à tous les actes de la vie (l'effort d'attention doit devenir état d'attention). Ne plus faire ces actes dans l'inconscience, ou l'écartement psychique, c'est être conscient que ce que je suis ne se trouve ni ailleurs, ni plus tard. Quand le mental n'est plus happé vers l'extérieur, il arrête de s'identifier à cette vie extérieure; on retrouve alors le chemin intérieur. Cela peut être une source de créativité, où le Yoga et la pratique artistique se rejoignent. §§§

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