• Amore et Mauresque

    A pas grand chose près et même à très peu, j’aurais quasiment pu me marier. Je veux dire me re-re-marier parce que je le fus déjà deux fois. C’était, en effet, une nuit sans lune ; du genre de celle qui fait peur aux policiers qui savent combien dans l’obscurité se tapissent les vices. Je voulais me laisser empoter (pas emporter, non, littéralement " mettre en pot ", voui) par l’enthousiasme communicatif de l’amour naissant et j’avais dit à Ginette : au fond, comme on est pas si bête, et qu’on s’émeut, et qu’la’vie qui pass’ nous laiss’pas l’temps de tout fair’ et qu’là ça devient urgent, on pourrait bien s’épouser, non quèçt’en dis dis ? Faut dire que ma treizième mauresque (pour les non initiés, la mauresque se compose d’un gros doigt de pastis, d’un doigt mineur de sirop d’orgeat et d’un peu d’eau glacée – le tout versé dans un verre par commodité), LA TREIZIEME, voui, je l’avais mal digérée et, hormis quelques uns de mes orteils qui s’accrochaient au parquet, peu de choses en moi étaient encore en place. J’étais chamboulé. Car, à mon âge, la demande en mariage est un acte démesuré (c’est comme aller se constituer prisonnier à la prison des Baumettes pour un délit prescrit depuis trente ans). Mais donc, je l’ai fait. Et refait. Et j’ai insisté. Et quand j’ai ouvert les yeux pour voir l’effet, y’avait plus personne et elle est jamais revenue : conclusion, amore et mauresque ne font pas bon ménage et c’est tant mieux ! VOUI, TANT MIEUX !

    3615 Dédou


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