• Onze poèmes

    L’automne d’après

    La barque fracassée

    Avait un sel curieux

    Une rame toute bleue

    L’autre embarrassée

    De leur rencontre

    Restait un cycle incertain

    Qui fit de ce couple lointain

    Mais né sous un jour lumineux

    Quelque chose qui vécut longtemps

    Et mourut heureux.

    Cycle (février 1995)

     

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    Elle arrive

    maïeutique

    Comme une aile

    C’est bien elle

    Rose Hermétique

    Quel bonheur

    d’être là et ici

    Dans ce bosquet de hêtres

    Qui laisse

    Au temps

    A ses ombrages

    Un mouvement si clair

    Demain.

    Rose Hermétique (février 1995)

     

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    L’histoire se poursuit

    Tournaille

    Eradique

    S’offusque

    Et réclame son lot

    De paroles

    Invective

    S’irrite

    Expatrie ses scories

    Sa bile fuse

    Quand son temps s’amoindrit

    Et majore

    Lutine

    Manigance

    Fuit pour plus tard

    Revient à la charge

    Se lève

    A la tribune

    En appelle au Droit

    Magnifie l’homme et son toit

    Sans dire

    Que son hymne tue.

    Manigance (janvier 1995)

     

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    Absence

    Routinière

    Sur un tombeau

    Tout roule

    Et par cet alibi

    Sur l’ombre claire

    Déroulée sans ardeurs

    Etendu par terre

    Dominant du menton les ponts de terre

    Les cheveux au vent

    Il a feint de mourir

    Pour un instant se taire.

    Par terre (décembre 1994)

     

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    Trace

    Cercle

    Léopard où rien ne passe

    Serpentin où trépasse

    Seul et las

    Nu

    Asthmatique et rude

    Nuit sans lune

    Nécrophage sans visage

    Gens du soir

    Irons nous toujours seuls.

    Gens du soir (septembre 1993)

     

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    Trompes magiques

    Vos humeurs se délitent

    Enfin

    Dans un puits

    Sans fond

    Où une belle

    La plus belle assurément

    Essaie de se mirer

    Entre fracas

    Et entrelacs de serpents

    Tréfonds et contretemps

    D’un enfant de wyka

    Troublé

    Tant l’avenir assiège son présent

    Subissant

    La mouvance

    Ou la redondance

    Du Temps.

    Puits sans fond (juin 1993)

     

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    Quand l’orage repu

    Du métal de la terre

    Endormira souffrir

    Arrogant de bonheur

    De l’espoir d’alanguir

    A l’infini repos

    Au soupir des couleurs

    Et de bleu

    Et de marbre

    En ce geste permis

    De tant d’empressement

    Il sera le dernier

    Sur cette terre

    Mais peu embarrassé

    Embrassé moult fois

    De poussières

    Et par l’air.

    Le dernier (mars 1993)

     

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    Orgue distraite

    D’une roche granitique

    Dans un gris lointain

    Pour peu de silence

    Peu d’espace

    Que rien

    Ne pourrait enrichir

    Ou prendre comme appui

    Quand le vie

    Peu ou proue

    En vient au vide

    Orgue insolite

    Que non que oui

    Que parvis des églises

    Que sel de mer

    Et sol piqués

    Qu’un sommeil sans durée

    Emporte et désaltère

    Que ce soir égaré

    D’un seul affolement

    A perdu au loin

    Et soudain ramené.

    Pour une orgue (janvier 1992)

     

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    Triple buse

    Arquebuse et destin

    Mouture

    Câtin

    Promenades au loin

    Requins

    Caresses

    Insaisissable l’espoir est anodin

    Ruse

    Oubli

    Fine mouture où nul ne crie

    Unisson par dépit

    Enroués

    Mais ici

    Il y a dans cette bâtisse

    Un sourd

    Des cris

    De la rosée sur un lac

    Des arquebuses

    Un destin

    Et ce n’est rien

    Si la clarté

    Dans de jolis tons

    Rend au silence

    Son matin.

    Triple buse (décembre 1991)

     

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    Octavine

    Passe et suave

    Etait une amie des gens heureux

    Pas de celle qui se frôle

    Du bout des doigts

    Mais plutôt que l’on emmène

    En barque

    Aux nénuphars les plus purs

    Dans la violence d’un tempête

    Nocturne

    De celle aussi

    Qui s’échappe au premier geste

    Pour ne plus la revoir

    Si ce ne sont

    De fades et incertaines répliques.

    Octavine (décembre 1991)

     

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    Elle poursuivait

    Cette ascendante étoile

    Qui la mènerait

    Au cœur

    Des rêveries du monde

    Le soleil s’était chargé

    De cette intimité profonde

    Sensualité prometteuse

    D’un flot incessant

    Dont le flux déversé

    Converge à l’infini

    Ramené aux chimères

    Tout voyage est beau

    Et Sidonie voyait maintenant

    La Terre mère

    Son visage s’ouvrant

    A la volupté

    Dans son intime parenté

    Avec plaisir douleur et mort

    Son âme éblouie

    Rechercha sa fin

    Dans l’Absolu.

    Le voyage de Sidonie (mai 1991)

     

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    PS : Le Funambule est constitué d'environ 130 poèmes rédigés entre 1978 et 1999


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