Aux limites des plaines mongoles
Aux limites des plaines mongoles,
Là où le soleil commence à nous échapper,
S'exilant vers des Hokkaido d'échelles
Ou des Kamtchatka de poulies.
Aux limites des plaines mongoles
Où l'herbe anorexique
Orpheline des taïgas sombres et centenaires,
S'incline vaincue à la caresse des sables de vent.
Là où les mers intérieures
Liquident leurs eaux
Quelque nuit de pleine lune,
Pour s'assécher de fissures cicatrices.
Là où les déserts n'en finissent plus
De planter leurs pierres de fond d'océan.
Étranges bulbes que ceux-ci.
Quelque jour serein ils germent, puis fleurissent. -
Des narcisses semble t-il -
Narcisses qui d'espace en espace
Roulent d'une vague ondulation
Vers des mers insondables et des aménités de jardin.
Lentement les tempêtes se soulèvent,
Emportent au cur des poussières
Ces millions de fleurs jaunes,
Qui de virevoltes en virevoltes
Exécutent les entrechats d'un ballet stellaire.
Puis au calme des lendemains,
Tapissent de leur univers monochrome et ictérique
Jusqu'à la sépulture de quelque Gengis khan pacifique
Jusqu'au tombeau de quelque Timour Lang d'opérette.
Quelque jour,
Aux limites des plaines mongoles
Le silence sidéral
Se hâle
Du bonheur d'un monde fleuri.
Patrick AVELINE
Allauch/Marignane, février 2003.