"S'il est un instrument qu'il ne faut absolument jamais fermer
en guise de soumission, c'est bien la bouche ! "
(Dédou)
Bienvenue sur Antimeandres !
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La lecture peut fatiguer. Les livres eux-mêmes finissent par encombrer (sans parler de la poussière qui s’y accumule). L’ère numérique confirme tous les jours que le papier pèse plus lourd que les octets et déforme les poches. La facilité, enfin, achève de convaincre les indécis que l’effort de tourner les pages est mort avec le temps des chandelles.
Bref, il est temps d’affûter ces quelques gestes qui déclenchent les boutons-poussoirs. De se hâter de zapper pour ne rien rater… L’époque est manifestement celle du tandem stimulus-réponse automatisé, du précuit et des raccourcis de clavier.
Tout change ma bonne dame et le passé ne reviendra plus. Alors, rien ne sert d’opposer la vitesse à un matériau inerte, ou la facilité du déplacement internautique à la concentration que requiert un pavé de 500 pages. C’est un fait, surfer, boire ou bouquiner, chacun est libre de choisir et on ne peut être partout simultanément.
Néanmoins (nez-en-moins), rien ne remplace jamais un bel effort. D’abord, on en sort le mollet musclé, ensuite à peiner on apprend à peiner sans peine. A la longue, à apprécier l’effort pour l’effort, puis à voir plus loin que les moyens mis en œuvre. Enfin, on en vient à envisager que le contenu est une récompense possible, parfois démesurée.
Bonnes lectures donc, quelle qu’en soit la forme et le support, surtout s’il s’agit de livres.
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NOUVELLES
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TOUT JUSTE SORTI DES PRESSES : "Le Rendez-vous des lunaires", comprend six nouvelles inédites de Patrick AVELINE et sept de Jean-Louis VASSALLUCCI. Il est paru aux Editions SYRACUSE (Nice, 4eme trimestre 2008).
Pour suivre le projet lancé autour de ce bouquin, cliquez sur :
L'avis de Geneviève Brochard : " Ce livre n'est pas anodin. Le voyage vers "Atacama" est très savant (il faut vraiment consulter atlas et dictionnaire), c'est bien écrit, captivant, mais assez sombre... qui dit que "la vie est un long fleuve tranquille" ? Dans ce désert-là la vie est sordide et triste à pleurer. "Les cireautres" font sourire si tant est que l'on ose sourire du malheur des autres. Dans "le matin", j'ai aimé la poésie, les images évanescentes, le choix des mots... "Les jours fatigants", rien que le titre déjà est épuisant, pour tout dire le texte est extravagant, et je n'arrive pas réellement à suivre le fil de l'histoire. Quant à la dernière nouvelle (de P.Aveline) qui est une suite des jours fatigants, c'est le point d'orgue, la montagne russe, la stupeur et tout y passe... on en reste médusé. Quand on débarque chez Vassallucci, l'économie des mots surprend mais n'empêche pas la poésie des textes. Qu'il nous amène en Afrique, dans son nid d'amour, au tribunal ou au pays de ses rêves, c'est la surface plane et sans rides d'un lac calme : le bonheur ? la sagesse ? Zen ?..."
Sachant que les Piccule poussent tout particulièrement à l'Ecailler du Sud, à Marseille...
Chez Jacques Aubergy, aubergiste de la librairie l'Ecailler du Sud, qui distribue les Piccule fictions sans commission, au bénéfice exclusif de l'association Handi 20.
L'Ecailler est située au 2, rue Barbaroux (en haut de la Canebière, entre l'église des Réformés et la rue Thiers).
L'avis d'Antimeandres : Un gros recueil de nouvelles policières et/ou noires généralement de bonne facture. On a spécialement apprécié "moi Jack" (d'Elisabeth Milleliri, p239). Un beau geste en tout cas de la part des auteurs qui les ont offertes; au bénéfice d'handi 20.
L'avis d'Antimeandres : Un recueil de nouvelles plutôt surréalistes, avec une dizaine d'illustrations par l'auteur. La première ("l'inévitable exil") est assez compliquée. Celles qui suivent envoûtent le lecteur. Un ouvrage à conseiller aux gens patients et curieux...
ISBN : 9782351700235 184 pages . 15.5 € en librairie Achat en ligne sur :
Rude
Dru
Hardu
Arrêté dans sa course
Un coche s’antimouche
Pistache
Qui suivait
A sorti son pipo
Plus proche du hameau
Un voyageur pressé
Son sang
Dedans sa bouche
Egorgé par les loups
Esquiche le chemin
Nous reviendrons demain
Dit le taon à sa mouche.
Le coche et les loups (juillet 1984)
L'avis d'Antimeandres : Des poésies écrites durant une vingtaine d'années. On y sent l'influence de Prévert, de Cros, de Corbières et parfois de René Char. Des textes en définitive presque familiers. Pas toujours faciles, mais rarement torturés.
Voilà, ça y est notre Jeanne Tomasini, s'est lancée dans le noir roman. Après ses excellents romans historiques (Les Obstinés, Le Persan, Don Paolo, Retour à Polveroso et Ascanio Mio, aux éditions Little Big Man) Elle publie aux éditions GPD Operation Rouge Baiser. Sur fond de guerre froide, un jeune inspecteur de police rencontre l'amour en Côte d'Ivoire (un pays où elle a été enseignante en brousse ...). Merci à toi la Jeanne.
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ATTENTION : Publication aux éditions Le Manuscrit de
"Je suis d'épines et d'araignées ou les mémoires de Ben Bashinger"
L'avis d'Antimeandres : Un très beau roman ... Certes, il en existe d'autres, mais celui-ci vaut aussi le détour. Le texte est d'ailleurs lui-même un "détour". On s'y embarque comme sur un paquebot : beaucoup de choses se passent en cabine dans un dialogue intime entre père et fille, tandis que défilent les paysages de leurs vies par un hublot...
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A lire, faire lire, relire ...
Nous, on ne dira jamais que du bien de la grande Jeanne Tomasini. Pas parce qu'elle dépasse Dédou de deux bons centimètres. Pas parce qu'elle a des copains qui se réunissent la nuit cagoulés en chantant du Brel. Pas parce que dans ses histoires on tue et qu'elle pourrait faire des transferts de savoir-faire dans la réalité vraie. Non. Tout simplement parce qu'il y a des choses que l'on ne peut pas faire. Et dire autre chose que du bien de quelqu'un qui passe son temps à faire le Bien n'est pas praticable. Donc voilà, lisez, faites lire, relire et offrez autour de vous ses écrits. Tiens, on met dessous une photo de la couve de l'un de ses bouquins.
L'avis d'Antimeandres : La Corse est belle, mais la Corse est loin. On a parfois l'impression qu'elle travaille en plus à accroître sa distance. Alors, pour ne pas tirer la conclusion hâtive que l'île est vouée à se dérober, ce roman de J.Tomasini, comme tous ceux qu'elle a écrit (près d'une dizaine), est à savourer tant pour la générosité de l'écriture que pour la familiarité que l'auteur parvient à créer avec ses personnages.
L'avis d'Antimeandres : D.Blémont-Cerli est voué à écrire. Il serait judicieux de commencer par son "1720", parce que la saga ne fait que commencer... Ses ouvrages racontent comme certains le font le soir à la veillée : patiemment et amicalement.
L'avis d'Antimeandres : Il est difficile de dire du mal d'un texte comme celui-là. La lecture est aisée. Le propos captivant. Les décors superbes (à travers la Corse et en Italie...). L'auteur semble l'avoir écrit pour lui-même ou d'autres lui-même (il suffit de le lire à haute voix pour se rendre compte qu'il est fait pour être raconté).
Pas de souci, on peut faire confiance à ceux qui aiment Lilian BATHELOT ...
La Théorie du K.O. est le troisième volet de sa trilogie sétoise. Commencée par « Avec les Loups », elle s’est poursuivie avec « Spécial Dédicace »...
Parus à la fin des années quatre-vingt-dix chez Sombres Climats et regroupés sous le titre Chichois Baraquette, Spécial dédicace et La théorie du K.O sont aujourd'hui réédités chez Jigal Polar.
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ESSAIS
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Rue de la vieille pétrolette Aux balcons noirs de géraniums Traverse longue des civettes Aux prés rissolés de balbutiements
Je m’étonne de vos soirs empathiques Jusque l’entonnoir des tendres marauds La luette aux aguets J’écoute vos buissons Comme aux quatre jeudis Bruire du frou-frou des secrets
Montée raide des larges coudées Au pavé usé des rires des filles Cloches vertes de la Saint-Jean Aux bouffées brûlantes du large
Je m’assois à votre jour mourant Derrière moi sans en avoir l’air S’empilent vos ritournelles Que j’écoute le cheveu fredonnant
Courte impasse des fenêtres rouges Aux chèvres sobrement sinueuses Cimetière des ruisseaux éteints Au bout des escaliers essoufflés
J’interroge vos cent cumulus Et mes valses hésitent Au pédiluve de tes yeux Hésitent à essuyer tes larmes Au châle des herbes passées
Rue de la vieille pétrolette, 17 décembre 2008 Patrick AVELINE - Marseille
Aventure, histoire, poésie, pour ne se priver de rien ...
on peut explorer les "Parfums péninsulaires", de Patrick Aveline :
L'avis d'Antimeandres : Le livre est presque épuisé, mais pas son propos. Il y aura d'autres témoignages de ce type dans la littérature. Les témoignages d'une humanité qui se cherche à travers l'exploration de territoires. Des témoignages surtout sur la nature poétique de l'âme humaine. Ce lieu où s'effectue le passage du "non-être à l'être" dans la recherche d'ailleurs lointains ou pas.
Un livre d'Albert Cossery, écrivain égyptien de langue française mort en juin 2008 à Paris (où il résidait dans la même chambre d’hôtel depuis l'année 1945) à 94 ans :
Lauréat du prix de la Francophonie de l’Académie française (1990), du prix Méditerranée (2000) et du prix Poncetton de la Société des gens des lettres (2005), Cossery traite dans son oeuvre des humbles et des "inadaptés" (voleurs, prostituées ou balayeurs de rues, persifleurs à l’égard des pouvoirs, etc ). Un style bien peu pratiqué par les temps qui courent...
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PHOTOGRAPHIE
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Des histoires sans un mot mais avec la tête.
Allez jeter un oeil curieux sur les photo-mosaïques de Clara
En préparation : Une exposition-Rétrospective sur le travail (toiles prolongées de mosaïques) de Dominique Aveline à Marseille (lieu et date encore à déterminer ... d'ailleurs, c'est pas évident de trouver un lieu accueillant, un peu vaste, dans le quart sud-est de l'Hexagone ou ailleurs ... si vous avez des idées, n'hésitez pas ! )
" C’est l’printemps, tout foul’camp, quant tout en haut c’est bèn’content, tandis qu’en-bas ça bouf’du vent. Aiguises tes dents et mords dedans ! Pas dans l’chêne ou dans son gland, mais dans l’richard fort méprisant ".
Rassemblées autour d'une même revendication, les associations membres du mouvement Ni pauvre, ni soumis, revendiquent pour les personnes en situation de handicap et atteintes de maladie invalidante, un revenu d'existence décent, c'est-à-dire, un revenu personnel égal au montant du smic brut pour les personnes qui ne peuvent pas ou plus travailler. La pétition a été remise à l’Elysée le 29 mars 2008 à la suite d'une marche citoyenne...
Une nouvelle revue de qualité, à lire et faire connaître:
La revue semestrielle Fora éditée par l'association Ubiquita est toujours disponible dans les kiosques insulaires. Dans le n°2 le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée était animé par Georges Ravis-Giordani, Danièle Maoudj, Mourad Amdouni, Jérôme Ferrari, Ginette Cals, Salomé Attali-Ahmed et Marcu Biancarelli. Pour s'abonner ou trouver la liste des points de vente sur le continent, consulter www.revue-fora.org
Pour apprendre des façons de vivre autrement, on peut avantageusement aller jeter un oeil chez nos amis d'Hom&Ter
"Créateur de filières où les produits sont des histoires humaines partagées avec ses clients, Hom&Ter Développement a choisi le respect de principes simples pour guider ses métiers :
Choisir de travailler dans une économie pour l’homme d’abord et avant tout.
Choisir de travailler sur une planète respectée en choisissant des pratiques biologiques et biodynamiques.
Privilégier un mode de développement construit sur la reprise d’entreprises agro-alimentaires conventionnelles et organiser leur conversion vers un modèle respectueux de l’homme et de la terre.
Viser l’excellence dans ce que nous faisons : des produits qui ont du goût et qui ont du sens."
Nous verrons bien si Marlon Brando finit par se retourner dans sa tombe ... Ou si Brecht redevient un auteur à la mode. Ou si les luttes des femmes pour obtenir droit de vote, permis de conduire ou de procréer librement, se rappellent enfin au bon souvenir des marchands de gloss. C'est ainsi, nous y allons mais sans savoir où et en ayant perdu l'de de nous retourner sur le chemin parcouru. Le d'où-venons-nous ne saurait en effet intéresser les enfants du moment que nous sommes (presque) tous devenus. Car paradoxalement, en pleine Crise et sous la menace de déséquilibres écologiques destructeurs, il semblerait que la légèreté de l'être se veuille triomphante. La bagnole est reine. Le paraître empereur. La vitesse s'accélère jusqu'à devenir une fin en soi. Bref, chers zamis, il y a bien une "rectification" en cours, qui suit la "relance" (triste mot pour dire que nos économies collectives sont allées combler le trou laissé par les spéculateurs). Mais elle entend surtout "rectifier" ce que nous sommes en poursuivant le travail d'éradication de toute forme de critique. Et bon dimanche ...
C'est un moment de pause. Rien ne va plus et le monde s'endort. Demain, les pierres pleureront d'être tombées si bas. Et pourtant, la chute était inéluctable. L'animal en vérité se trouvait beau; ce qui lui suffisait, notamment quand il se rajoutait des ailes sur ses autoportraits ... Frères Zhumains, sortez les mains des poches et essayez de vous rattraper aux branches. Le sol n'est plus si loin.
Dédou
PS : je vais essayer de replacer de temps en temps quelques phrases sur Antimeandres (mais sans repartir ans les Editos que j'y publiais régulièrement par le passé).